Avant de calculer une TVA, il faut qualifier l’opération. Une activité peut être hors champ, exonérée sans droit à déduction, exonérée avec droit à déduction ou taxable à un taux déterminé.

À retenir
  • Le taux normal est de 20 % et le taux réduit principal est de 10 % en 2026.
  • Une exonération avec droit à déduction ne produit pas les mêmes effets qu’une exonération sans droit à déduction.
  • La territorialité, le fait générateur et l’exigibilité doivent être vérifiés séparément.
  • Le contrat, la facture et les pièces justificatives doivent refléter la qualification retenue.

Champ, exonération et taux : trois questions différentes

La première question est de savoir si l’opération entre dans le champ de la TVA marocaine. Les opérations commerciales, industrielles, artisanales, certaines opérations immobilières, les professions libérales et les importations sont notamment visées par le CGI.

Si l’opération est dans le champ, il faut ensuite rechercher une éventuelle exonération. Les articles 91 et 92 distinguent les exonérations sans droit à déduction de celles qui conservent ce droit. Ce n’est qu’en l’absence d’exonération que le taux applicable est déterminé.

Les taux de 10 % et 20 %

Le taux de 20 % constitue le taux normal. Le taux de 10 % s’applique à des biens et services précisément énumérés par l’article 99. Une analogie commerciale ne suffit pas pour appliquer le taux réduit : la nature exacte du produit ou du service doit correspondre au texte.

Pour une opération taxable, le montant TTC est obtenu en multipliant le montant HT par un plus le taux. En sens inverse, la base HT est égale au TTC divisé par un plus le taux.

Droit à déduction et formalisme

La TVA récupérable dépend de l’affectation des achats à l’activité, de la qualité de la facture, du paiement et des exclusions prévues par le CGI. Une entreprise ayant des activités mixtes peut devoir appliquer un prorata.

Certaines exonérations ou opérations d’investissement nécessitent des attestations, engagements ou demandes préalables. Le défaut de forme peut remettre en cause un avantage pourtant prévu sur le fond.

Exigibilité et déclaration

Le régime de droit commun repose sur l’encaissement, avec une option possible pour les débits. Les avances et acomptes peuvent donc rendre la taxe exigible avant la facture finale selon le régime retenu.

La périodicité déclarative dépend notamment du chiffre d’affaires taxable et de la situation du contribuable. Les pièces de vente, les encaissements et la déclaration doivent être rapprochés avant dépôt.

Questions fréquentes

Une opération exonérée permet-elle toujours de récupérer la TVA sur les achats ?

Non. Il faut distinguer l’exonération sans droit à déduction de l’exonération avec droit à déduction.

Le taux de 10 % peut-il être appliqué par défaut à un service essentiel ?

Non. Le taux réduit suppose que l’opération soit expressément visée par le CGI.

Une facture suffit-elle à créer un droit à déduction ?

Non. Les conditions de fond, de forme, d’affectation et de paiement doivent également être réunies.

Sources et périmètre

Contenu informatif préparé pour le millésime 2026. La règle applicable dépend toujours des faits, de la date de l’opération et des justificatifs.